Relations presse et notoriété : comment gagner en crédibilité auprès de ses publics

|

Rose

Les relations presse et notoriété vont souvent ensemble, mais elles ne produisent pas automatiquement de la crédibilité. Une entreprise peut obtenir une belle parution, la partager partout, recevoir quelques messages de félicitations… et pourtant ne pas changer grand-chose dans la façon dont ses publics la perçoivent.

La vraie différence se joue avant la publication. Il faut un sujet clair, un angle intéressant pour les médias, des preuves solides et un choix de supports cohérent avec les personnes que l’on veut toucher. Sans cela, la visibilité reste agréable, mais elle ne construit pas forcément la confiance.

Quand elles sont bien pensées, les relations presse donnent à une marque un regard extérieur, une reconnaissance et une parole mieux installée.

Arrêter de chercher « un passage média » et construire un vrai sujet

On peut très bien vouloir passer dans les médias et ne pas encore avoir de sujet presse.

C’est souvent là que les relations presse et notoriété se jouent vraiment. Une entreprise arrive avec une nouveauté, une offre, une nomination, un événement, et elle se dit que cela mérite une parution. Pour une rédaction, la question est plus simple : pourquoi son public aurait-il envie de lire cette histoire maintenant ?

Comme l’explique Morgane Plantrou, fondatrice de Sésame RP, agence RP à Lyon, le travail consiste d’abord à trouver le bon angle, structurer le message, comprendre les médias et donner aux journalistes une vraie raison de s’intéresser au sujet. Sésame RP présente justement son accompagnement autour de la stratégie média, de l’angle presse, du communiqué, du dossier de presse, des relations journalistes et des retombées.

Un bon sujet presse part rarement d’une phrase comme « nous lançons une nouvelle offre ». Il part plutôt d’un usage qui change, d’un problème que beaucoup rencontrent, d’un signal de marché, d’une tendance locale ou d’une expertise que la marque peut vraiment éclairer.

À ce stade, il faut se poser les bonnes questions :

  • Quel fait rend cette actualité intéressante maintenant
  • Quel public est directement concerné
  • Quel angle peut aider un journaliste à raconter autre chose qu’une annonce
  • Quelle preuve rend le sujet plus solide

La stratégie de relations presse commence là, dans ce travail de traduction. On prend une actualité d’entreprise, parfois très interne, et on la transforme en information lisible pour un média. C’est moins spectaculaire qu’un envoi massif de communiqué, mais c’est beaucoup plus sérieux.

Prouver avant d’affirmer : la crédibilité se joue dans les détails vérifiables

Une marque qui dit qu’elle est « innovante », « engagée » ou « incontournable » ne donne pas encore grand-chose à croire.

Le public entend ces mots partout. Les journalistes aussi. Pour gagner en crédibilité auprès de ses publics, il faut apporter de la matière : des faits, des chiffres, des exemples, des dates, des résultats, des usages observés, des clients accompagnés, des choix expliqués simplement.

La crédibilité ne vient pas d’une promesse bien formulée, elle vient de ce qu’on peut vérifier. Si une entreprise affirme qu’elle transforme son marché, il faut pouvoir montrer comment. Si elle parle d’impact, il faut savoir de quel impact elle parle. Si elle met en avant une expertise, il faut donner au journaliste de quoi la comprendre sans devoir tout deviner.

Les preuves les plus utiles sont souvent très concrètes :

  • Un nombre de clients accompagnés
  • Une implantation locale claire
  • Une croissance mesurable
  • Une certification ou une sélection
  • Une expérience fondatrice
  • Un cas client vraiment parlant
  • Une donnée interne bien contextualisée

Le sujet devient tout de suite plus fort quand la marque sort du discours général. Dire « nous aidons les commerçants à mieux piloter leur activité » reste vague. Dire « nous avons accompagné 180 commerces indépendants depuis 2022, avec une méthode construite autour de leurs contraintes de terrain » donne une accroche plus crédible.

C’est exactement ce qui nourrit une bonne prise de parole médiatique. Le média peut reprendre, questionner, nuancer, illustrer. Et le public sent que la marque ne cherche pas seulement à se rendre visible, mais à prouver ce qu’elle avance.

Choisir les bons médias plutôt que viser partout

Il y a une petite illusion qui coûte cher en RP : croire qu’une grande parution vaut toujours mieux qu’une parution bien ciblée.

En réalité, les retombées presse intéressantes sont celles qui parlent aux bons publics. Pour une marque B2B, un média professionnel très lu dans son secteur peut avoir plus d’effet qu’un article grand public qui flatte l’ego mais ne change rien dans le parcours commercial. Pour une entreprise locale, une belle présence dans la presse régionale peut rassurer bien plus directement ses clients, ses partenaires ou ses futurs talents.

Le rapport Cision 2025 rappelle à quel point la pertinence compte : 86 % des journalistes disent rejeter immédiatement un pitch qui ne correspond pas à leur sujet ou à leur audience. Le même rapport précise aussi que les communiqués de presse restent une ressource utile pour les journalistes lorsqu’ils sont bien construits.

Un bon ciblage média demande donc de regarder plus finement :

  • Qui doit vraiment être rassuré
  • Où ce public s’informe déjà
  • Quel média peut donner du poids au message
  • Quel journaliste traite déjà ce type de sujet
  • Quel format correspond le mieux à l’histoire

Les relations avec les journalistes gagnent en qualité quand l’approche respecte leur travail. Un journaliste santé, économie, lifestyle, tech ou presse locale n’attend pas la même chose. Il n’a pas le même lectorat, pas les mêmes contraintes, pas le même niveau de détail attendu.

Une entreprise qui veut gagner en visibilité doit donc viser juste avant de viser large. C’est souvent ce choix qui transforme une parution sympathique en vrai levier d’image de marque.

Faire durer la confiance après la retombée presse

Une parution presse ne devrait jamais finir sa vie dans un dossier interne avec un « bravo » envoyé par mail.

Quand elle est bien utilisée, elle devient un vrai actif de confiance. Elle peut rassurer un prospect sur le site, soutenir une prise de contact commerciale, donner du poids à une présentation investisseur, nourrir LinkedIn, enrichir une page presse ou renforcer une candidature à un appel à projets.

Sésame RP rappelle que les relations presse permettent notamment de travailler la notoriété, la reconnaissance, l’image, l’engagement et la fidélité à la marque. L’agence explique aussi que le suivi d’une stratégie RP doit s’appuyer sur des objectifs, puis sur l’analyse des retombées obtenues.

La bonne question, après une parution, ressemble plutôt à celle-ci : comment cette preuve externe peut-elle aider les bons publics à mieux comprendre la marque ?

Quelques usages fonctionnent très bien quand ils restent sobres :

  • Ajouter la parution dans une page presse
  • Reprendre un extrait sur LinkedIn avec un vrai commentaire
  • L’intégrer dans un dossier commercial
  • La mentionner dans une présentation partenaire
  • S’en servir comme point d’appui pour une nouvelle prise de parole
  • La relier à une preuve métier déjà existante

Le risque, c’est de transformer chaque article en trophée. Le public le sent vite. Une marque peut être fière d’une parution, bien sûr, mais elle gagne davantage quand elle l’utilise comme un élément de réassurance, pas comme une médaille.

La notoriété d’une entreprise se construit dans cette continuité. Une apparition média attire l’attention, puis la cohérence du discours, des preuves et des prises de parole installe la confiance des publics dans le temps.

À savoir
86 % des journalistes rejettent immédiatement un pitch qui ne correspond pas à leur sujet ou à leur audience. Avant d’envoyer une proposition média, le vrai réflexe consiste donc à vérifier l’angle, le bon interlocuteur et la pertinence pour son lectorat.